LE MINERVOIS

Bienvenue dans le Minervois ! Son histoire, ses vignes, son vin, ses sites.

Le Minervois
Les Croisades
Le Canal royal
Famille
Liaisons familiales

Jamais un peu d'histoire sans la situer sur une carte !

Carte du Minervois


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OlonzacMinerveAzilleGinestasPépieuxLa RedortePouzolsHompsTourouzelleSiranBizeMinervois

C'est un amphithéâtre de collines, aux terres vivement colorées ou parfois simples ombres chinoises qui se découpent à l'horizon dominées au nord par le massif de la Montagne Noire et le pic de Nore (1210 m). En avant-scène, au sud, une vaste plaine, berceau d'une partie de mes racines enfouies profondément dans la glèbe tournée et retournée au cours des siècles par mes ancêtres. Le tout est bordé contre les Corbières au sud, par le fleuve Aude et son petit-frère domestiqué, le canal du Midi. Son centre économique en est la ville d'Olonzac dans le département Hérault, mais qui offre la particularité d'être plus proche de Carcassonne, le chef-lieu de l'Aude et d'être ainsi pour bien des services administratifs rattaché au département de l'Aude. Exemple: l'indicatif téléphonique est 04 68 et non pas 04 67.
Ce bourg languedocien cossu (la visite au cimetière s'impose) mérita en 1926 le prix de la Commune de France la mieux tenue ! Ilonzac est pourtant un vieux village où abondent les vestiges romains et carolingiens. Silos, sépultures, amphores, boucles wisigothiques se rencontrent dans ce sol immergé aux époques préhistoriques. 20 villas gallo-romaines ont été recensées sur son territoire.
Les premiers habitants connus sont avec certitude du paléolithique puisqu'ils ont laissé de nombreuses traces dans les grottes naturelles du site de Fauzan. Au deuxième millénaire, âge du bronze, sont dressés de nombreux dolmens sur le relief qui domine la plaine minervoise. Toutefois le plus beau, le plus caractéristique et le plus proche est le Mourrel de Las Fados ou dolmen des Fées à Pépieux, impressionnante allée-couverte de 25 m de long.
Olonzac né d'un castrum édifié par les romains de Domitius est l'endroit idéal au carrefour des routes Narbonne-Minerve et Béziers-Carcassonne. La pax romana s'installe.
A partir du III° siècle, en douceur, le paganisme cède la place au christianisme. Puis à partir de 410 arrivent les Wisigoths, ariens, dont une partie se fond dans la population gallo-romaine. Bien que battus par Clovis en 507, les Wisigoths germanisent la Narbonnaise jusqu'à ce qu'ils soient évincés par les Arabes en 719. Ces derniers sont chassés par les populations indigènes qui se rattachent aux Francs du royaume d'Aquitaine sous la suzeraineté du vicomte de Narbonne et du comte de Toulouse. La région prend le nom de Pagus Minerbensis qui recouvre les cantons de Peyriac, aujourd'hui dans l'Aude, et d'Olonzac dans l'Hérault. Son destin sera alors lié pour le meilleur et pour le pire au comté de Toulouse jusqu'à la Croisade contre les Cathares au XIII° siècle.

Les Croisades

Après les fondations de deux abbayes sur son territoire, celle de Caunes à l'ouest et celle de Foncaude à l'est, les Croisades outre qu'elles entraîneront des fils de famille sur les routes de l'Orient se matérialiseront par la fondation d'une importante Commanderie de l'Ordre de Malte sur Homps avec un vaste domaine qui se maintiendra jusqu'à la Révolution (pour qui sait chercher, plusieurs bornes en pierre aux armes de Malte ceinturent ce domaine à l'est d'Olonzac). Au XII° siècle, favorisées par la décadence du clergé régulier et séculier, l'hérésie cathare puis l'hérésie vaudoise s'installent. L'armée des Croisés menés par Simon de Montfort déferle sur le Midi de la France au début du XIII°. Massacres se succédèrent, sac de Béziers en 1209, prise de Carcassonne puis siège de la fière Minerve, en 1210, qui sera brûlée avec la plupart de ses habitants.
Le bûcher de Minerve Croix cathare La croix cathare
En 1211, les seigneurs d'Olonzac ayant fait acte d'allégeance passent sous la juridiction directe du roi de France. En 1309, le seigneur d'Olonzac ayant été décapité pour félonie, la ville devient ainsi une commune affranchie par le roi sous la direction de trois consuls qui se feront respecter par les seigneurs d'alentour jusqu'à la Révolution. Sur le plan religieux, Olonzac est détaché de l'archidiocèse de Narbonne et rattaché au nouveau diocèse créé à St-Pons en 1318. Cette situation perdurera là aussi jusqu'à la Révolution.
Dès lors les armes de la ville libre sont définitivement établies. Des chartes royales reconnaîtront régulièrement ses facultés et privilèges, en 1405, 1422, 1667, 1673, 1686 etc ... Olonzac souffrira des guerres de religion durant vingt années mais restera fidèle à la foi catholique. Ses remparts édifiés en 1354 lors des chevauchées du Prince Noir l'ont malgré tout peu protégé.
armes d'Olonzac
d'azur, au pot ayant une anse, le tout de gueule au chef de France

Le canal royal

Un chef d'oeuvre du XVII° touche de près le Minervois. Il s'agit de la grandiose réalisation du Canal Royal des Deux Mers, autrement dit le Canal du Midi.
Dès 1666, ingénieurs et géomètres sous l'autorité de Paul Riquetti sont à pied d'oeuvre pour en dessiner le tracé et prévoir les ouvrages d'art. Les travaux commencent sur le territoire de la commune en 1674, par les expropriations nécessaires et les estimations pour une longueur de 2119 toises (4200 m) sur une largeur moyenne de 20 toises avec les rigoles et francs-bords.
Cette entreprise sur le territoire va fournir du travail aux habitants et aux fournisseurs de charroi. Une telle réalisation suscite encore aujourd'hui trois siècles plus tard l'admiration.
L'écluse d'Olonzac
Toutefois sa rapidité d'exécution a laissé place à quelques imperfections, dont Olonzac va subir les conséquences en particulier les inondations à répétition. L'étranglement occasionné par le canal à la confluence des deux rivières qui la traversent, l'Ognon et l'Espène, avec le fleuve Aude forme un barrage naturel qui empêche les eaux de s'écouler normalement lors des gros orages méditerranéens. Des dommages considérables ont alors lieu régulièrement avec arbres arrachés, terres emportées, vignes et oliviers déracinés qui encombrent le lit des rivières qui faute d'entretien lourd se comblent. Les évènements récents du vendredi 12 novembre 1999 en sont encore un triste exemple. Outre les graves dommages occasionnés aux habitations particulières, à la cave coopérative et à l'unique garagiste du bourg, trois ponts ont été emportés ou déterriorés isolant Olonzac pendant plusieurs jours.
Un autre dérangement, de l'époque celui-ci, est le passage annuel de la chaîne de Guyenne, c'est à dire l'acheminement des galériens vers Toulon qui longent alors le canal. La commune doit assurer le vivre, l'escorte et la garde la nuit depuis Homps jusqu'à Argens. Cependant le canal donnera un regain d'activité économique jusqu'à la dernière guerre. Le port aménagé à Homps verra un trafic important à l'échelle locale de vins, céréales, matériaux ...

Famille

Je suis personnellement attaché à ce coin de France par une partie de mes ancêtres qui y ont vécu. Dans la liste de mes ascendants, je veux parler des Vitalis de La Tour et des de Veye en particulier.
Les premiers arrivent en Minervois au XVI° mais ils sont déjà installés en Languedoc depuis la Croisade contre les Cathares. Le premier que nous connaissons grâce à des archives familiales d'une très grande richesse et qui ont pu être conservées jusqu'à aujourd'hui, certaines pièces ayant six siècles d'âge, est Guilhaume Vitalis qui prête serment de fidélité au roy Louis VIII avec les douze consuls de la Cité de Carcassonne en juillet 1226. La tradition veut qu'il soit originaire de Gênes où sa famille avait été victime des guerres civiles entre Guelfes et Gibelins et qu'il se soit engagé au service du pape Innocent III lors de son appel pour la croisade.
Un de ses descendants, Louis Vitalis sera anobli par le roi Jean le Bon en 1350 pour ses bons et loyaux services rendus par lui-même et ses ascendants. Il reçoit en fief la terre de Salvaza, aux portes de Carcassonne, puis devient en 1360, prévôt et connétable de la Cité. Il le restera jusqu'en 1376. En 1389, son fils Louis, seigneur de Salvaza, reçoit la garde du château prestigieux de Quéribus dont il sera le châtelain et capitaine jusqu'à sa mort en 1420. Un de ses neveux, Jean, chevalier et maître d'hôtel du Roi, deviendra en 1459 gouverneur de la Cité et conservera cette charge jusqu'à sa mort en 1472. Son frère Pierre lui succède jusqu'en 1477. La descendance est assez confuse jusqu'à l'apparition d'Antoine Vitalis, seigneur de Salvaza, habitant la ville nouvelle de Carcassonne et fidèle soutien du roi de France contre l'hérésie calviniste. Son fils Pierre, capitaine d'armes, se voit confié en 1580 le commandement de la place forte d'Olonzac. Avec lui le destin de la famille se fixe à Olonzac. En 1592, il reçoit Montmorency qui loge dans la bourgade avant de livrer bataille à Scipion de Joyeuse sous les murs d'Azille.
Les Vitalis vont ainsi se succéder à Olonzac en exerçant diverses charges, consul, député du tiers aux états du Languedoc, en s'alliant aux familles de la petite noblesse locale et en arrondissant le patrimoine, en allant, pour les cadets, gagner des lauriers sur les champs de bataille du roi. C'est ainsi que sous Louis XIV le patronyme de La Tour est reconnu par le roi lui-même dans le brevet de lieutenant du Régiment de Marine, alors sous les ordres de son colonel le duc de Nevers qu'il adresse au capitaine Jean Pierre Vitalis de La Tour le 10 octobre 1663. Son frère Louis reçoit à son tour un brevet de capitaine au Régiment de Vandy. En 1757, Louis XV nomme un de leurs descendants, Jean-Jacques Vitalis, chevalier de La Tour, comme lieutenant au Régiment de Garde-Côtes (commandé par le maréchal de Thomond) à la compagnie de Narbonne en garnison à Cuxac. En 1759, il reçoit un brevet de capitaine avec un commandement à Bizanet puis à Peyriac-Minervois. Son frère, Joseph-Jérôme, né en 1746, servira comme officier à la Compagnie de Noailles où il recevra des mains de Louis XVI la croix de chevalier de St-Louis. Fidèle à la monarchie, il servira Louis XVIII jusqu'à Coblenz en émigration et dans l'armée des princes.
Le nom de Vitalis disparaîtra finalement le 28 janvier 1881 avec sa dernière représentante, Marie-Elisabeth épouse de Théodore de Veye.
La transition avec la famille de Veye est facile puisque déjà Jean-Jacques Vitalis de La Tour, son grand-père, avait épousé Marie-Anne de Veye native du village voisin d'Azille. Cette famille d'extraction d'ancienne chevalerie est fort ancienne puisque certains de ses représentants ont combattu lors des Croisades sous les ordres du Comte de Toulouse, Raimond IV de St-Gilles, entre 1096 et 1100. Originaire de Lorraine une de ses branches vint se fixer dans le Comtat Venaissin à Aubignan puis en Languedoc vers 1610 tandis qu'une autre s'était fixée en Haut-Vivarais. Cette dernière embrassa le culte protestant au temps de la Réforme. Une Marie Veye, d'ailleurs, mourut prisonnière en raison de sa foi à la Tour de Constance à Aigues-Mortes. La branche protestante à la Révocation de l'Edit de Nantes obtint du roi l'autorisation de s'exiler en Suisse et de là partit en Irlande puis aux Pays-Bas où elle fit souche et sa descendance s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Une autre partie revint en Vivarais.
Pour la souche minervoise qui nous intéresse, Pons de Veye, vicaire général et official de Narbonne en 1619, c'est à dire juge ecclésiastique, fut le premier à s'installer en Languedoc. Une mense confortable lui fut attribuée, proportionnée à ses hautes fonctions, à Azille et à Fontaresche. Pour gérer ses biens il fit venir d'Aubignan son frère Noël de Veye. Celui-ci devenu seigneur de Fontaresche et bailli d'Azille en 1632 devait y établir sa descendance.
Son fils François devait acquérir la charge de Conseiller à la Cour des Comptes de Toulouse et se voir ainsi confirmer sa noblesse en 1646. La famille asseyait sa situation locale. Ainsi Théodore de Veye, officier de cavalerie au X° Dragon, chevalier de la Légion d'Honneur, épousait-il sa nièce à la mode de Bretagne, Marie-Elisabeth Vitalis de La Tour, le 4 avril 1826, et abandonnait à son frère aîné Hercule de Veye tous ses droits sur Azille. Le nouveau ménage s'installait donc à Olonzac et faisait construire quelques années plus tard, sur la route de Pépieux, ce que l'on appelle pompeusement le château qui en fait est une très grosse maison de style villa italienne. Théodore est bien attaché à Olonzac puisqu'il en sera le maire de 1848 à 1852. Aujourd'hui le rameau de Veye est fixé à Olonzac puisque la branche d'Azille s'est éteinte au début du siècle faute de descendance mâle. Il assume ainsi la double ascendance Veye et Vitalis, ou six siècles d'histoire en Minervois !

Liaisons familiales

Les éléments qui suivent outre qu'ils sont réels sont surtout anecdotiques. Les hasards des mariages font que l'implantation des La Forest Divonne sur le Minervois si elle fut fortuite n'en est pas moins significative de la part d'une famille originaire du duché de Savoie.
Ainsi j'ai pu relevé les mariages suivants.
  1. Aimée de La Forest Divonne épouse en 1892 Charles de Veye = OLONZAC
  2. Anne de La Forest Divonne épouse en 1921 Robert de Fournas de la Brosse= POUZOLS
  3. Madeleine de La Forest Divonne épouse en 1926 Jean de Massia = PUICHERIC MINERVOIS
  4. Pierre de La Forest Divonne épouse en 1919 Henriette de Lallemand = SIRAN
De même nous enregistrons plusieurs mariages Castelbajac sur le Minervois. Ainsi de part et d'autres les alliances s'affirment.
  1. Marguerite de Fournas de La Brosse épouse en 1891 Charles de Castelbajac = POUZOLS
  2. Gérard de Veye épouse en 1922 Madeleine de Castelbajac = OLONZAC
  3. Madeleine de Fournas de la Brosse épouse en 1954 Arnaud de Castelbajac = POUZOLS
Dans le cimetière de Barbazan
Les armes de Charles de Castelbajac et de Marguerite de Fournas sur leur mausolé

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Mise à jour - Revised on 25.03.2004